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Post nº8 | Comment s’organisent morphologiquement les premières villes romaines ?
















Dans ma dernière publication sur les « vides primitifs » qui structurent le territoire, il était mentionné qu'à travers l'histoire, la première étape de la stratégie de domination de chaque peuple conquérant commençait par l'occupation des « vides structurants », comme stratégie de contrôle des mouvements des populations qui y habitaient. Maîtriser les « vides structurants » implique le contrôle des mouvements de population dans l'espace.


Dans cette ligne de pensée, j'utiliserai les exemples de Lutèce (Paris) et d'Olisipo (Lisbonne) à l'époque romaine pour montrer comment ces établissements s'organisaient morphologiquement.


Les pôles urbains centraux « l’île de la cité » à Paris et la « colline de São Jorge » à Lisbonne restent stables à l’arrivée des Romains. Ces pôles urbains ont été investis par les classes sacerdotales, militaires, administratives, productives et commerçantes, établissant un lien explicite entre l'oppidum, la ville fortifiée à l'époque romaine, et des lieux symboliques tels que la « Pleine du Lendit » à Paris et la « (montagne) Serra de Sintra » à Lisbonne.


L'opposition des valeurs de vie/mort se spatialisent. D'une part, au centre du pôle urbain se déroule les activités liées à la vie en communauté, l’espace de la vie, et d'autre part, en périphérie, nous avons l'espace de la mort.


Si l'on pense à Paris, l'espace de la mort se matérialise en deux grands cimetières. Le « Cimetière des Innocents », sur la rive droite de la Seine, et le « Clos Bruneau », sur la rive gauche du fleuve, qui souligne l'axe nord/sud de la ville. Dans le cas de Lisbonne, le « Cimetière Santos », dans la zone Occident, et le « Cimetière Chelas », dans la zone Orient, ils mettent en évidence l'axe Occident/Orient de la ville.


La formation d’un collier périphérique approprié par les ecclésiastiques, dont l’activité a donné naissance à des villages autour de leurs couvents. Ces villages sont devenus très importants pendant les invasions barbares car ils étaient des endroits où les gens du peuple cherchaient de la protection.


Ces trois grandes caractéristiques de l'organisation morphologique des cités romaines de Lutèce et d'Olisipo leur confèrent des privilèges législatifs au sein de l'Empire romain. Ces villes avaient une certaine autonomie vis-à-vis de à l'Empire romain.


Suite à mes recherches sur les villes européennes, j'ai remarqué que l'organisation morphologique de ces villes à l'époque romaine nous montre à quel point les valeurs symboliques étaient importantes, telles que : la vie / la mort ; nature/culture ; ou sacré/profane.


Ce qui est important de retenir comme élément d'ancrage de la morphogenèse urbaine, c'est l'importance de la dimension symbolique dans l'acte de construire des lieux urbanisés, que ces lieux soient des villages, des villes ou des cités. Il faut aussi souligner l'importance du lien que les premiers hommes ont établi avec les valeurs fondamentales. Si l'on pense par exemple aux valeurs de vie/mort au fil des siècles, nous observons que les cimetières, lieux de mort, sont souvent loin de la ville, lieu de vie. Mais nous pouvons aussi trouver des exemples où les valeurs de vie/mort fusionnent dans un même espace comme dans le culte des martyres. Dans un de ses livres, Michel Serres affirme « Nulle ville ne peut se nommer de ce nom de communauté si elle ne plonge pas ses pieds dans sa nécropole ».

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